Sommes-nous arrivés à la fin d’un monde, dont les jeunes sont témoins ?
Les écritures sont claires, tous les hommes doivent se préparer au « Jour du Seigneur », à son retour glorieux et définitif. Il convient donc de veiller dans l’espérance (Mt 24,42), puisque ce jour arrivera comme un voleur en pleine nuit (1 Th 5,2), et de prier de la prière même du Christ : « Que le règne de Dieu vienne » (Mt 6,10). Alors, tandis que sombrera « l’ancien monde », monde de péché (Mt 13,36 ss ; Ap 16 ; 17), et que s’accomplira le jugement, « le monde nouveau » s’ouvrira (AP 21, 1-18).
Il est légitime de s’interroger sur ce que l’évangile même annonce : la venue du Christ à la fin des temps, alors que notre monde, dans sa très grande complexité, est très fragilisé, comme les personnes d’ailleurs.
A l’occasion de la conférence déjà donnée sur la mondialisation, Frère Samuel s’est interrogé sur notre présent : où en sommes-nous du monde ? Il veut maintenant s’interroger sur l’avenir, à propos de la question : « la jeunesse Jean Paul 2 est-elle arrivée à la fin des temps ? ». Peut-on parler de la prochaine venue du Christ ?
Les jeunes générations à travers toute la planète grandissent dans un monde extrêmement fragile par rapport à la vie. Que vont-ils pouvoir faire si on leur laisse une poubelle détraquée ? Ont-ils les ressources nécessaires pour retourner une situation précaire ? Sont-ils armés, formés pour lutter et transformer le monde ?
Alain Grandjean, Président de l’organisation Capitalisme Durable, s’interroge dans sa dernière newsletter : « Le changement climatique confronte l'humanité à des périls d'une ampleur jamais connue. À eux seuls, ils remettent en cause la survie de milliards d'humains, dans un calendrier incroyablement court : il nous reste dix ans pour mettre en œuvre les changements de cap permettant d'éviter le pire. Le diagnostic est malheureusement sans appel et il n'est plus temps d'en débattre. La seule vraie question est bien : que faire ? ». Nous rajoutons : que peuvent faire les jeunes qui nous suivent ?
Il naît désormais plus de gens qu’il n’en meurt. La population humaine augmente ainsi de quatre personnes par seconde en moyenne, contre deux décès. On compte chaque jour 350 000 nouveaux-nés et 140 000 individus disparaissent. Comment nourrir 8 à 10 milliards d’êtres humains alors qu’aujourd’hui environ 2 milliards de personnes n’ont pas la sécurité alimentaire ? L’eau douce ne représente que 2,5% du volume disponible. Dans 30 ans, la moitié des habitants de la planète manquera d’eau.
« L’activité humaine exerce une telle pression sur les fonctions naturelles de la planète que la capacité des écosystèmes à répondre aux demandes des générations futures ne peut plus être considérée comme acquise. On s’émeut de l’épuisement des ressources énergétiques, mais on néglige la destructions des écosystèmes » Hans Ginkel, secrétaire général adjoint des Nations Unies.
Par ailleurs, d’après le groupe intergouvernemental pour l’étude du changement climatique (un forum mondial composé de 2 500 scientifiques créé sous l’égide de l’ONU), la variation moyenne de température pour le XXIème siècle sera de + 1,4° à + 5,8°, soit le réchauffement le plus élevé et le plus rapide depuis 10 000 ans. Les conséquences qu’assumeront les prochaines générations sont certaines : déplacement de population, remise en cause des systèmes agricoles, innodations, etc…
Alain Grandjean pousse un cri : « La planète brûle, retroussons nos manches. Beau projet en perspective qui devrait être de nature à mobiliser jeunes et moins jeunes et à redonner du sens et du souffle à notre vie économique ».
Notre jeunesse pourra-t-elle assurer notre avenir commun ? Est-elle porteuse d’un monde nouveau ? Quel monde devra-t-elle construire ? Ces jeunes, témoin d’un monde qui semble mourrir, sont-ils bien armés pour inverser le cours des choses ? L’évangile est-il pour eux une réponse réaliste à ce défi ? Peut-on faire confiance à la jeunesse ? Sommes-nous arrivés à la fin des temps ?
Jean Renaud d’Elissagaray
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