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    [Invitation > Thème : L'Eglise a-t-elle vraiment une vision politique, économique,sociale ?]
le 11 Mars 2008 à 20h45

L’Eglise a-t-elle une vison politique, économique, sociale ? 
conférence du 11 mars 2008

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » Matthieu 22, 15-21

Comment lire ce précepte de l’Evangile ? Jésus a-t-il exprimé des points de vue ou des jugements sur la qualité attendue de la vie dans la cité ? L’Eglise a-t-elle son mot à dire sur le fonctionnement de nos sociétés, leur organisation, leur management ? À un moment où, dans l'Église, les laïcs jouent un rôle de plus en plus significatif, peut-on penser que la foi se vit dans le quotidien de la vie et que malheureusement trop de religieux ou de prêtres ont souvent déserté pour mieux rendre à Dieu ce qui est à Dieu.

Il est légitime de s’interroger quand on découvre aujourd’hui (ce sont les historiens qui le disent) le rôle politique déterminant qu’a joué Jean Paul II dans l’écroulement du régime soviétique. D’une autre manière, l’Eglise d’Amérique latine s’est engagée loin dans la ‘préférence pour les pauvres’ et sa théologie de la libération. Le christianisme résonne-t-il avec communisme : défense de l’opprimé, du pauvre ? Est-il fondamentalement opposé au capitalisme ? Que penser de l’engagement décrié de l’Opus Dei dans le cercle du pouvoir de la société civile ? L’abbé Pierre a été un député reconnu, apprécié et a obtenu de vrais résultats politiques au service des sans abris, que d’ailleurs les politiques revendiquent aujourd’hui. Les prêtres ouvriers, la JOC ont à un moment donné une illustration de l’Eglise mobilisée dans la cité. Les semaines sociales aujourd’hui témoignent de cette parole incarnée que l’Eglise veut donner.


Aujourd’hui, l’Eglise se mobilise fortement auprès de la société civile.
Fondacio, une communauté chrétienne très proche des Conférences de Samarie, est fortement engagée auprès des responsables dans la cité. D’une certaine manière, ce mouvement illustre la créativité de l’Eglise pour aider ceux qui ont la charge de la gestion de ce monde.

Les mouvements
Initiative et Changement (Jean Fayet, Président de ce mouvement , a signé l’édito du site) et Sant Egidio (animé par Andrea Riccardi), œuvrent de manière très concrète et avec beaucoup de succès aux règlements des conflits dans le monde, particulièrement en Afrique. Ils ont réussi là où les instances gouvernementales, les grandes ONG, et même les diplomates les plus chevronnés  n'arrivent pas à faire aboutir des négociations de paix. Le mouvement chrétien des Focolari développe une pensée (et une action) très originale sur l’économie de communion. Certains grands économistes regardent de près l’expérience.

Dans quelle mesure, de quelle manière, l’Eglise doit-elle s’engager dans la conduite effective de ce monde, autrement que sur un plan strictement spirituel ? A-t-elle et peut-elle exprimer des choix politiques ? Doit-elle faire entendre sa voix de manière transparente dans les débats publics portant sur le fonctionnement de nos sociétés ? L'Eglise chrétienne a toujours eu une tradition d’engagement social. Jusqu’où pousser cet engagement ? Doit-elle donner des consignes de vote ? Que lit-on dans les évangiles qui pourrait nous éclairer à ce sujet ?

L'Eglise italienne à l'époque de Paul VI n'était pas parvenue à empêcher la législation ni du divorce (1970), ni de l'avortement (1975). Celle du cardinal Ruini, au contraire, a contribué à l'echec d'une loi sur la bioéthique et plus récemment, de l'instauration du Dico (équivalent italien du pacs), au prix parfois de "contorsions très politiciennes" d'après le journal La Croix.

Benoît XVI précise que l'Eglise ne doit pas devenir "une agence politique". Mais il demande aussi "de défendre les valeurs chrétiennes non négociables".

Comment unifier nos vies de citoyen et de chrétien ? Il est vrai que les risques de dérapages sont bien réels, même de nos jours. Que dire du Président des USA et son gouvernement, revendiquant leur foi chrétienne, qui invoquent une mission divine, une nouvelle croisade, pour entrer dans le conflit du Moyen Orient ? L'histoire de l'Eglise est jalonnée d'épisodes douloureux quand elle s'est mêlée de trop près aux domaines du temporel: les croisades, les conquistadors, l'inquisition, la Saint Barthélémie, etc....

N'est-ce pas dans la mesure où nous rendons à Dieu ce qui est à Dieu, que nous pourrons rendre à César ce qui est à César, pour le bonheur de tous ceux et celles qui espèrent et qui construisent la vie au quotidien. Oui, l'Évangile est aussi parole et geste à dimension politique…

Les évêques d'Espagne demandent "d'adopter une attitude de résistance. La foi chrétienne n'est pas une question purement privée. On ne peut pas demander aux catholiques qu'ils agissent sans tenir compte de la foi et de la charité fraternelle quand ils assument des responsabilité sociales, professionnelles, culturelle et politiques".

Où est le chemin ? Frère Samuel nous éclairera sur ces questions, notamment à partir de son expérience particulière de consultant en entreprise, comme auprès de quelques sociétés prestigieuses du CAC 40.

Jean Renaud d'Elissagaray

lire aussi l'édito de Jean Fayet sur le site des Conférences de Samarie

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