[ Prochaine Invitation ]
Accueil > Prochaines conférences > Prochaine Invitation
Plus que 42 jour(s) avant la prochaine conférence
 Qui sommes-nous?
L'association
Frère Samuel
L'équipe des animateurs
Nos soutiens
Actualités
 Prochaines conférences
Le calendrier de la saison
Prochaine Invitation
Organisation conférences
Vos Questions
 Conférences archivées
Transcription/Audio/Vidéo
Commande K7/DVD
Autres conférences
 A votre écoute
Vos commentaires
Proposer un thème
Un autre regard
 Services
Facebook
Inscription liste de diffusion
Liens coup de coeur







    [Invitation > Thème : Le mariage entre utopie tragique ou projet impossible ?]
le 03 Avril 2008 à 20h45

Le mariage entre utopie tragique ou projet impossible ?

Comme l’évoque Guillaume de Maupeou dans son édito (un ami de Samarie qui exprime le point de vue d’un participant aux Conférences sur notre site Internet), les statistiques de réussite du mariage sont accablantes. Et de plus, le nombre de mariages chrétiens est proportionnellement en constante baisse depuis plusieurs années 

Le mariage n’est-il plus qu’un bel idéal accessible à une minorité ? Faut-il se battre avec conviction pour garder la même femme ou le même mari toute sa vie ?


Le contexte dans lequel s’inscrit le mariage évolue depuis toujours. On écrit souvent que le mariage à l’église n’apparaît que fort tardivement. Les dates avancées évoluent du IXe au XVIe siècle ! Quelle est donc sa légitimité ?

Luc Ferry dépeint l’évolution dans son livre ‘Familles je vous aime’ : « Historiquement, il y a eu trois âges de la famille. D’abord, la famille de l’Ancien Régime, dont le principe n’a jamais été l’amour mais le lignage, la transmission du patrimoine. Entre 1850 et 1950 est venue la famille bourgeoise : on se mariait par affinités ; mais on ne divorçait pas. Ce modèle, idéalisé souvent, est inséparable du drame bourgeois, dans laquelle des femmes sacrifiaient leur vie, notamment professionnelle, à des maris qui les trompaient à tout-va. Enfin est venu le mariage d’amour, régi non plus par un principe d’économie mais par celui d’autonomie. C’est une pure invention du capitalisme : la création du salariat a poussé des individus à monter à la ville chercher du travail, les a amenés à se marier hors de leur structure sociale, à n’obéir qu’à leur choix. Ce mariage a développé ses corollaires : le divorce (quand on ne s’aime plus, on se sépare), l’amour immodéré pour les enfants, la demande forte d’épanouissement personnel et d’authenticité des sentiments ».

Le sacrement chrétien du mariage a-t-il une marge d’adaptation devant l’évolution récente et rapide des mœurs de notre société ?  Marc Simoncini, le fondateur du site Internet à succès Meetic (site de rencontre sur le net) explique : « Nous avons 12 000 témoignages d’internautes nous remerciant de s’être rencontrés grâce à notre site. Les gens assument désormais d’être seul et de faire des rencontres sur Internet. Les adultes ont des vies sentimentales beaucoup plus courtes : changer de partenaires est beaucoup plus courant. Notre site a amplifié cette tendance sociologique. On ne parlait pas vraiment des célibataires avant notre site. Nous avons remarqué qu’il y avait 14 millions de célibataires. Nous avons été, nous sommes tous ou nous serons tous ….. célibataires dans la vie ».
« L’amour virtuel, le Net loving va bouleverser l’essence de la famille », prévoit Jacques Attali  (Amours éd Fayard). Et l’essence du mariage ?

Tout mariage exprime les valeurs d’une société. Il est en effet le moyen de sa continuité en assurant sa descendance et la permanence des valeurs auxquelles elle est attachée. Aujourd’hui encore, quand les jeunes rejettent ce qu’ils appellent « l’institution du mariage », il est facile de constater à quel point ils reflètent l’individualisme des sentiments. Quel son avenir ?

On désigne habituellement sous le terme de « cohabitation juvénile » cet état de vie qu’adoptent de jeunes adultes décidant de vivre en couple sans faire reconnaître leur union par aucune autorité civile ou religieuse. Si dans notre société post moderne la famille se porte encore bien, les aspects institutionnels du mariage explicités par les formalités publiques, la législation et la célébration officielle, sont de moins en moins compris. Cela explique-t-il les échecs de plus en plus fréquents des mariages ?

Ainsi les lois sur le divorce donnent à certains l’impression que, en matière de vie de couple, la liberté de chacun est la seule référence. Dès lors, pourquoi prendrait-on la peine de faire reconnaître socialement un lien affectif, d’autant plus que le mariage légal est dissous aujourd’hui si facilement ?  Par ailleurs, un grand nombre de personnes n’attendent plus du mariage une sécurité. Celle-ci, pour beaucoup, résulte d’avantage du travail de chacun des conjoints, des avantages sociaux et des diverses garanties institutionnelles de toutes sortes pour le présent et l’avenir.
Le temps n’est plus considéré comme un allié indispensable à l’approfondissement des sentiments au cours des étapes de l’existence. Il est plutôt perçu comme un adversaire qui entraîne une dégradation de l’amour en réduisant les élans initiaux à un ronronnement d’habitude dont on ne saurait plus rien espérer.

D’autre part, la contestation du mariage vient souvent de l’impression que toute institution est contraire à la liberté. Cette opposition n’est-elle pas illusoire ? En de nombreux domaines, la référence à la loi est au contraire de par ses contraintes mêmes, un stimulant pour la liberté et la créativité. Se soumettre aux lois préexistantes du langage ou de la musique n’a jamais empêché le bon poète ou le bon musicien d’écrire des chefs-d’œuvre.

L’Evangile peut-il être un repère pour les jeunes qui décident de se marier ? Qu’apporte de plus  le sacrement chrétien du mariage, qui peut inverser son autodestruction par les temps actuels ?

La foi chrétienne et le mariage utilisent les mêmes mots. On y parle d’alliance, de confiance, de fidélité, de fiançailles : ces mots ont une même origine. On y parle de communion, d’échange de promesses. Cette identité de termes n’est pas sans signification. La Bible elle-même compare le lien de Dieu avec son peuple à un mariage (Os 2, 21). Le mariage chrétien est le symbole de l’union du Christ et des chrétiens : il donne un visage concret de ce mystère du Christ et de l’Eglise. Paul parle du Christ qui se soumet à son Père (1 Co 15,28). Dans le mariage chrétien, il s’agit de reprendre l’attitude même du Christ. Si chacun part de sa volonté propre, le mariage va devenir un lieu conflictuel. Au contraire, si tout en restant lui-même chacun commence par passer par l’autre, par se mettre sous le regard de l’autre, avant de penser à soi, alors l’échange devient possible.

Le mariage touche à la transmission de la vie dont l’homme n’a que récemment percé le mystère. Il reste quand même des traces de sacré de nos jours dans notre monde moderne quand les fiancés veulent « passer à l’église », parce que « se marier à l’église fait plus sérieux ». D’une façon ou d’une autre, les fiancés ont conscience que dans cet acte la profondeur de leur existence est en cause. Le sacré peut se définir comme « le sérieux de la vie », ce qui fait que la vie vaut d’être vécue.

Quels sont les fruits de la fidélité ? Pourquoi être fidèle ? A-t-on droit à l’erreur ?  Les sociétés favorisant la polygamie ont-elles totalement tort ? Qui peut prétendre être sûr de ne pas se tromper quand il choisit son conjoint à 25 ans ? Peut-on se séparer chrétiennement à l’amiable ? Quel est le recours d’un chrétien qui s’est trompé ou qui a été trompé au regard de l’engagement éternel pris devant Dieu et devant témoins ?  Les exigences liées au mariage chrétien sont-elles surhumaines ? Le message de l’Evangile, les attentes de l’Eglise sur le sacrement de mariage doivent-elles être adaptées à nos nouveaux modes de vie ?

D’un point de vue chrétien, le sacrement de mariage est cette parole efficace par laquelle deux conjoints nouent leurs destinées. Si les jeunes revendiquent la cohabitation et refusent le mariage, n’est-ce pas pour avoir vu trop souvent de près ce que donne une vie conjugale, régulière certes, mais essoufflée ou sans joie ? A plus forte raison, s’ils ont subi les souffrances d’une vie familiale brisée, ils n’ont nullement envie de faire la même expérience.

La pensée de Paul Evdokimov sera peut-être le point de départ à partir duquel frère Samuel nous enseignera à propos du mariage.  «
Depuis que l’homme existe, l’amour est cette éclatante évidence dont le contenu reste parfois indicible ; à la rigueur, on peut s’ingénier à dire comment ; jamais pourquoi ni quoi. Tout simplement,  ils s’aimaient l’un l’autre parce que tout le désirait ainsi : la terre au-dessous, le ciel au-dessus, les nuages, les arbres … ou encore, parce que c’était lui, parce que c’était elle.
Aucun des grands penseurs ni des poètes n’a jamais trouvé de réponses à la question : qu’est-ce que l’amour. L’être aimé n’est pas un dieu, mais un don royal frappé de la présence du donateur. Dante le dit très simplement : « elle regardait Dieu, et moi je Le regardais par ses yeux, et le ciel était plus beau
».

Jean-Renaud d’Elissagaray

     <<retour
copyright contacts faire un don donnees legales Crédits