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    [Invitation > Thème : Envoûtements et démons : pure chimère ?]
le 19 Juin 2008 à 20h45

Envoûtements et démons : pure chimère ?

Les chiffres et les études parlent d’eux-mêmes. Quelle importance donner au diable, à Satan, aux enfers éternels, aux forces occultes ? Que faire de nos convictions en la matière ?

Un récent sondage Gallup révèle que trois Américains sur cinq environ croient à l’enfer. En France, le rapport de la commission parlementaire spécialisée dans ces questions (Milviludes : lutte contre les dérives sectaires) estime qu’au sens large, c'est-à-dire toutes branches et chapelles confondues, environ 25 000 personnes, dont 80% de moins de 21 ans, sont en contact avec le satanisme. On peut penser que 5% des suicides recensés annuellement chez les jeunes de moins de 25 ans, soit une centaine, sont liés au satanisme, estime Jean-Michel Roulet, Président de la Miviludes.

La musique se revendique ouvertement du satanisme. Ainsi le chanteur Marilyn Manson, "révérend" de l'Eglise de Satan est un auteur à succès de disques aux noms explicites comme Antichrist superstar en 1996.

Par ailleurs, des millions de gens sont en quête d’astrologie, de sorcellerie et de sciences occultes. Sèment-ils les graines de la mort et de la destruction ? Sont-ce des hobbies inoffensifs, ou au contraire, fait-on face à des dangers véritables ?

L’ancien chef d’Etat major de la Maison Blanche, Donald Reagan, rapporte dans son autobiographie, For the Record, que les voyages et activités du président Ronald Reagan étaient approuvés par un astrologue, choisi par son épouse. Le London Daily Telegraph indique que l’ancien Premier Ministre britannique, Margaret Thatcher, consultait un astrologue « pour prévenir de futurs dangers ». La plupart des membres du Parlement en Inde ont leurs astrologues personnels.

Les satanistes roumains ont ressenti le besoin de revenir dans la société et ont même entamé des démarches auprès du secrétariat d'Etat aux cultes pour être officiellement reconnus comme une religion. Pour ce faire, ils doivent prouver qu'ils existent depuis au moins douze ans et rassembler 300 membres, nombre suffisant pour se voir reconnaître le statut d'organisation religieuse – tandis que 22 000 membres, un chiffre tout à fait réaliste pour eux, représente déjà celui de culte religieux et leur permet même de prétendre à des subventions de l'Etat. L'Eglise sataniste de Roumanie se trouvait récemment sur une communauté on line pour la promotion des enseignements du Malin.

Moins de trois mois après sa sortie, le film Harry Potter and the Sorcerer’s Stone devint le second film au box-office. Il se vendait à près d’un million de billets à des cinéphiles avides de contes de sorcellerie, magie et sciences occultes. Au premier des sept épisodes de la série Harry Potter, son auteur, J.K. Rowling, s’est retrouvée à la tête d’un empire médiatique de plusieurs milliards de dollars. Ses livres se sont vendus à 60 millions d’exemplaires dans 200 pays.

Ce printemps, les journaux de la première semaine d’avril ont largement relayé la publication du premier annuaire de la voyance, référençant les meilleures adresses de Paris : cartomanciens, diseurs de bonne aventures, lecteurs de cartes ou marabouts, numérologues, astrologues, … Le numéro du journal Valeurs actuelles de mai 2008 dédiait son enquête de société (2 pages) au thème "Au nom du diable".

Le satanisme désigne le culte de Satan et des esprits du mal, qui s'accompagne d'une perversion des rites religieux (messes noires, sorcellerie, sabbat, blasphèmes, immoralisme, profanation et diverses pratiques pseudo-religieuses). A l'origine, l'objectif était d'obtenir des faveurs du diable en offensant Dieu. Certains auteurs romantiques du XIXème siècle dont Baudelaire, firent de Satan une victime injustement persécutée par Dieu, son vainqueur. Aux yeux de certains, Satan symboliserait l'exaltation imaginative de l'homme à l'égard de lui-même, sous la forme la plus dangereuse, la vanité dans laquelle, remontant du subconscient, s'engouffre la tentation, l'attrait du plaisir et l'orgueil.

L’une des ruses élémentaires, au moyen de laquelle Satan séduit la plupart des gens, consiste à leur faire croire qu’il n’existe pas ! Ainsi, des gens blaguent à son sujet, en ayant l’impression qu’il n’est pas réel. L’Eglise nous dit que « Satan » n’est pas tout simplement un terme générique caractérisant le mal. Satan n’est pas une force aveugle. Satan le diable est un être spirituel puissant – créé par Dieu en tant que chérubin – qui se rebella contre son Créateur. Son nom d’origine « Lucifer » signifie « celui qui apporte la lumière ». Mais depuis sa rébellion, son nom fut changé en Satan – ce qui signifie « adversaire ».

Faut-il croire à tout cela ? Quel danger cela représente-t-il ? Qu’est-ce donc que l’enfer ?

Du point de vue biblique, l’enfer est l’un des trois endroits ou conditions différentes :
- Sheol (en hébreu) ou hades (en grec) signifie « fosse » ou « tombe ».
- Gehenna désigne « la vallée de Hinnom ». Symboliquement, cela se réfère à la condamnation au feu.
- Tartarus qui veut dire l’endroit de rétention des anges déchus.

Se servir du mot « enfer » pour les trois définitions citées ci-dessus ne clarifie pas fidèlement la vérité biblique ! En l’occurrence, on devrait toujours demander : « De quel enfer particulier s’agit-il ? ».

Le chemin est balisé par l’Eglise. Comment tombe-t-on dans le piège de Satan, selon l’analyse portée par les experts es-diabolisation du magistère ? 

     - 1° Une volonté de vivre selon ses propres désirs : une phrase revient dans la bouche des satanistes : « Satan me donne tout ». Mais en réalité, Satan ne donne rien, il ne fait que prendre. Le credo de l'Eglise de Satan : chaque homme doit devenir son propre Dieu.
     - 2° Une curiosité (malsaine) : les jeunes qui sont prédisposés à une croyance satanique ont bien souvent commencé par « se gaver » de littérature, de musique, de films ou de jeux occultes. Ils ont essayé de pratiquer des rituels magiques par curiosité, mais non pas sans séquelles. 
     - 3° La recherche d'une « sécurité » : les enfants et les jeunes provenant soit de familles complètement disloquées ou au contraire de familles aisées, mais où ils se sentent abandonnés, sont des cibles particulièrement visées par le Satanisme. Ils entrent par ce moyen en contact avec un cercle d'amis obscurs. Ils se sentent sécurisés et surtout connus, même si, au début ils ne comprennent pas tous les rites pratiqués. Au fond, ils font, ou plutôt croient faire, l'expérience que ce culte leur confère à la fois puissance et sécurité.
     - 4° La recherche d'une identité : ce point se lie étroitement au précédent. Celui qui ne se sent pas en sécurité, doute finalement de ses capacités et de sa valeur personnelle. Beaucoup de satanistes débutants font une crise d'identité. Du fait de leur incapacité à construire leur vie, ils se confient dans des «forces supérieures». Ce lien entre l'occultisme et la recherche d'identité est particulièrement frappant dans les pays autrefois communistes de l'Europe de l'Est. Après l'effondrement du monde soviétique, les cultes sataniques ont connu un essor rapide. Nous ne voulons pas oublier un point important : la crise d'identité de l'homme moderne résulte aussi d'une crise de la foi chrétienne. L'essor explosif de l'occultisme est aussi une sorte de protestation contre un christianisme figé, qui n'est plus qu'une forme, sans relation vivante avec Christ.
     - 5° Le goût de l'aventure : sensations et excitations sont des éléments qui ont envahi notre société de consommation. Pas de films sans meurtre ou sans horreur, sans parler des sports extrêmes qui procurent des palpitations pendant les loisirs. Que reste-il à faire lorsque plus rien n'excite ? Il y encore le frisson de l'horreur et le côté imprévisible de l'occultisme.

La coexistence, même pacifique, d'un Dieu Tout puissant prétendu "Bon" avec le mal (le Mal), personnifié en Satan, n'est pas sans poser quelques problèmes de cohérence à la théologie chrétienne. Pour éviter de faire du christianisme une religion dualiste où le Bien et le Mal deviendraient deux divinités d'égale importance, l'Eglise a décrété, lors du concile de Latran, en 1215 : "le diable et les autres démons ont été créés par Dieu bons par nature; mais ce sont eux qui se sont rendus eux-mêmes mauvais." Habile façon de dédouaner Dieu.
Il s'agit là d'un des points faibles de la théologie chrétienne et de son "Bon Dieu". Soit Dieu Tout-Puissant n'arrive plus à contrôler ses créatures, soit il laisse faire.
"Le diable représente en quelque sorte les défauts de Dieu. Sans le Diable, Dieu serait inhumain." (Jean Cocteau / 1889-1963 / Opium)

Pour certains psychologues, Satan représenterait l'homme lui-même et tout ce qu'il renferme comme perversions pouvant le conduire à sa perte. "Il ne faut jamais penser au bonheur; cela attire le diable. Car c'est lui qui a inventé cette idée-là pour faire enrager le genre humain." (Gustave Flaubert / 1821-1880 / lettre à Louise Colet, 21 mai 1853)

Les nombreux jeunes séduits par le concept de Satan, voire par le satanisme, croient-il vraiment que ce personnage existe ? Ne serait-ce pas plutôt une forme de révolte contre l'autorité quelle qu'elle soit, contre la dureté de la réalité, contre la complexité d'une société dans laquelle il leur apparaît difficile de s'insérer... Ce sont des adolescents décidés à exprimer leurs frustations familiales et sociales de façon provocante.
Vivant au sein de familles souvent éclatées et dans un monde perdant ses repères, les adolescents peuvent être inconsciemment tentés de rechercher dans le satanisme un encadrement qui les structure et les rassure. "Le bonheur est un mythe inventé par le diable pour nous désespérer." (Gustave Flaubert / 1821-1880 / Lettre à Louise Colet, 18 décembre 1853)

Existe-t-il vraiment un enfer de feu où l’âme des hommes, des femmes et des enfants condamnés souffre éternellement ? Des êtres humains, créés par Dieu à Son image, sont-ils dans les tourments de l’enfer, en ce moment ?

Qu’arrive-t-il à ceux qui sont dans l’ignorance ? Dieu est-Il injuste ? Ne donnera-t-Il pas l’occasion d’être sauvés à tous les êtres humains ayant vécu sur cette terre ? Est-ce Sa volonté d’envoyer dans un feu de l’enfer, brûlant en permanence, des individus faits à Son image et qui n’ont jamais entendu parler de l’Evangile ? " Le diable est encore le meilleur subterfuge pour disculper Dieu." (Sigmund Freud)

Que nous disent les Ecritures pour nous guider sur la question du Mal, des enfers et de la damnation ?

Tout d’abord, nous devons comprendre qu’il existe un véritable monde des esprits concernant les maux de la magie et de la sorcellerie ! L’avertissement est clair dans le Deutéronome 18 :9-11: « Lorsque tu seras entré dans le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne, tu n’apprendras point à imiter les abominations de ces nations-là. Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien, d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts ».

Des millions d’adultes enseignent à leurs enfants qu’il n’y a rien de mal avec un Harry Potter exerçant activement ces pratiques magiques. Toutefois, le prophète Samuel a averti le roi Saül que la sorcellerie est un péché : « Car la désobéissance est aussi coupable que la divination, et la résistance ne l’est pas moins que l’idolâtrie et les théraphim. Puisque tu as rejeté la parole de l’Eternel, il te rejette aussi comme roi » (1 Samuel 15 :23).

Dans l’Evangile selon Saint Luc, nous trouvons que Jésus guérit plusieurs individus qui étaient tourmentés par les esprits malins : « A l’heure même, Jésus guérit plusieurs personnes de maladies, d’infirmités, et d’esprits malins, et il rendit la vue à plusieurs aveugles » (Luc 7 :21).  Certains se réjouissent de célébrer avec enthousiasme la fête d’Halloween ? S’habiller comme une sorcière invite-t-il au bien plutôt qu’au mal ?

On peut aussi noter les avertissements de Dieu contre les médiums et les devins : « Ne vous tournez point vers ceux qui évoquent les esprits, ni vers les devins ; ne les recherchez point, de peur de vous souiller avec eux. Je suis l’Eternel, votre Dieu » (Lévitique 19 :31). Il est clairement indiqué que nous devons les éviter. Notons que le langage est plutôt solennel : « Si quelqu’un s’adresse aux morts et aux esprits, pour se prostituer à eux, je tournerai ma face contre cet homme, je le retrancherai du milieu de son peuple. Vous vous sanctifierez et vous serez saints, car je suis l’Eternel, votre Dieu » (Lévitique 20 :6-7).

Dieu nous promet la protection contre le mal. Jésus nous enseigna à prier : « Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin » (Matthieu 6 :13). De son côté, Paul exhorta les chrétiens : « Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (Ephésiens 6 :11-12). Il est confirmé que l’on peut vaincre le malin en connaissant la parole Dieu – la Bible – et en vivant par elle. On peut vaincre les tentations et les séductions de la religion fausse et occulte. Comme l’apôtre Paul encourage dans Philippiens 4 :13 : « Je puis tout par celui [Christ] qui me fortifie. »

In fine, ne faut-il pas suivre ce proverbe écossais : "Mieux vaut tenir le diable dehors, que de le mettre à la porte".

 

 

 

 

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