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La franc-maçonnerie: amie ou ennemie ? (ALAIN PIERUCCI)

Alain Pierucci
entrepreneur
La franc-maçonnerie: amie ou ennemie?
Oublions les adeptes en quête de reconnaissance sociale ou la recherche de réseaux d’affaire. Il s’agit d’une institution Humaine, ne l’oublions pas. Mais qu’en est-il de ces hommes et de ces femmes, très souvent sincères et désintéressés, qui prétendent se livrer à une quête ? Et de quelle quête s'agit-il ?
Un peu d’histoire peut nous aider à y voir plus clair Depuis bientôt 300 ans la confrérie des francs-maçons est plus discrète que véritablement secrète. La franc-maçonnerie dite 'spéculative' se veut l’héritière de la franc-maçonnerie 'opérative', qui était celle des constructeurs de cathédrales. Le 24 juin 1717, jour de la St Jean, les membres de 4 loges Londoniennes fondent la grande loge de Londres. Le grand maître de la loge demande au pasteur James Anderson en 1723 de rédiger des constitutions qui régissent encore aujourd’hui la manière de penser. Ces constitutions sont modernes. Elles en fixent les buts, rédigées par des homme de foi - l’un des autres promoteurs du mouvement est le pasteur Desguilers –. Elles se fondent sur le ‘ livre de la loi sacrée ‘ qui n’est autre que notre bibleC’est la légende d’Hiram qui fait office de légende officielle. Hiram architecte du temple de Salomon à Jérusalem, temple destiné à recevoir les tables de la Loi, est tué par des compagnons de son chantier.... Depuis lors, le temple demeure inachevé et les maçons œuvrent à la recherche de la parole perdue par l’amélioration de leur qualité morale.De constructeur de cathédrales, les maçons sont désormais constructeurs de l’esprit pour une société plus juste. Ce mouvement se présente comme un rassemblement d’hommes de bonne volonté se voulant neutre et tolérant de toute religion.
La Franc maçonnerie n’est pas une religion, ni le substitut d’une religion. Elles exige de ses membres la croyance en l’Etre Suprême, mais ne fournit aucune méthode pour baliser une foi. Il n’y a pas de Dieu maçon. Un maçon reste voué au Dieu de la religion qu’il professe. Un maçon est obligé par sa Tenure d'obéir à la Loi morale et s'il comprend bien ‘ l'Art Royal‘, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irreligieux. Ces pour cela qu’une grande majorité de maçons sont Chrétiens.Le travail d’un maçon est avant tout une recherche de la vérité en soi et en toute liberté. Les valeurs fondamentales sont chevaleresques : la fraternité, la modestie, la bonté, la sincérité, l’aide à sont prochain et la liberté. Sa démarche : évoluer intellectuellement par un travail personnel aux service des autres. C’est pourquoi les deux démarches religieuses et maçonniques ne sont pas incompatibles pour les maçons.Quelle est l’attitude de l’Eglise vis-à-vis de la franc-maçonnerie ?L’Eglise de Rome s’est toujours défiée de cette société initiatique particulière, la voyant comme une super religion dont le secret fut l’un des principaux griefs invoqués par l’église (Jésus Christ n’a t il pas proclamé : quiconque fait le mal, hait la lumière et ne vient pas à la lumière de peur que ces œuvres ne soit dévoilées, mais celui qui agit dans la vérité vient à la lumière, pour qu’il apparaisse au grand jour que ses œuvres sont faites en Dieu)
L’église à travers ses papes a toujours condamné cette démarche allant jusqu'à interdire les cimetières à ceux qui étaient reconnus maçons. Certes, dans les années soixante dix, de nombreux prélats ont cherché à infléchir la position traditionnelle, soit par des interventions publiques soit à des niveaux plus discrets. Citons en particulier les cardinaux Koenig et Seper. Lors de la rédaction du Code de droit canonique de 1983, un certain nombre d’hommes d’Eglise sont intervenus pour que ne soit pas reconduite l’ancienne peine d’excommunication. En particulier, les cardinaux Casaroli (Secrétaire d’Etat) et Castillo Lara, ou encore Mgr Vincenzo Fagiolo. D’un avis différent, le cardinal Ratzinger fit paraître un texte rappelant que même si les francs-maçons n’étaient pas excommuniés, pour autant ils étaient en état de péché grave.Encore aujourd’hui le jugement de l’église sur les associations maçonniques demeure inchangé parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’église, et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise. Le souverain Pontife Jean Paul II dans l’audience accordé au Cardinal Préfet a approuvé cette déclaration et ordonné la publication le 26 novembre 1983.
On peut penser que pour une grande majorité des francs-maçons la religion n’est pas une ennemie, mais une démarche essentielle, car d’en la foi en Dieu et dans la démarche maçonnique, l’amour du prochain reste, les valeurs fondamentales qui relient tous les hommes. Et si une certaine frange, mondialement minoritaire, s’est montrée hostile, c’est sans doute plus vis-à-vis d’un certain clergé qu’envers une religion dont ils partagent tous, sous des approches divers, l’essence.






