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La Foi et l'Eglise sont-elles un chemin d'Espérance pour le monde contemporain ? (GUILLAUME RIFFAUD)

Guillaume Riffaud
Responsable de la communication de Fondacio
La Foi et l’Eglise sont-elles des chemins d’Espérance pour le monde contemporain ?
Alors, nous sommes bien tenté de répondre en y croyant très fort : « Si, si ! La culture chrétienne peut encore être utile aujourd’hui ! Les valeurs du christianisme vont revenir en force parce que le monde en a besoin. D’ailleurs, il faut faire un maximum de bruit pour que les gens entendent. Si on se bouge l’Eglise et la Foi vont redonner l’Espérance dont notre monde déprimé a besoin. » Mais n’y a-t-il pas là un piège ? Une erreur fondamentale qui consisterait à faire de l’Eglise et de la Foi des biens pratiques, des objets utiles ? Expliquons nous.
Au chapitre 3 de Saint Jean, un chef des juifs nommé Nicodème vient trouver Jésus. Il a travaillé beaucoup, appris, récité, décortiqué, analysé la Loi et les textes sur lesquelles se fonde le judaïsme de l’époque. Les prophètes, c’est son rayon. L’Espérance pour ses contemporains, le messianisme, c’est un expert. Mais il vient de nuit, par peur peut-être (et nous ?), parler avec cet homme du nom de Jésus dont les médias de l’époque parlent beaucoup. Au marché, dans les petits groupes de résistance à l’occupant romain, dans les synagogues, dans les couloirs du Sanhédrin… Il vient demander à ce fameux Jésus ce qu’il faut comprendre à tous ces signes qu’Il accomplit, à ces paroles qu’Il pronnonce. Et Lui répond : « Celui qui n’est pas né d’en haut ne peut pas voir le Royaume de Dieu. » Aïe !
Oui, l’Eglise et la Foi sont sans doute des chemins d’Espérance pour notre monde contemporain, mais pas si elles sont conçues comme des productions humaines. Nous croyons en revanche que c’est parce qu’elles sont d’abord et avant tout des dons gratuits venus d’en haut. Des propositions gratuites de renaissances. La Foi c’est la confiance d’amour que nous offre le Père. L’Eglise c’est cette fraternité dans laquelle le Christ se révèle et qui nous amène au Père. C’est donné, offert, livré, perdu si personne n’en veut. Foi et Eglise sont à recevoir comme des grâces pour « renaître d’en haut ». Ainsi, finalement, la question posée s’entend différemment. Oui, on peut bien se dire que la pensée chrétienne est aujourd’hui toujours pertinente. Parce qu’elle promeut le progrès et la libération de chaque homme elle est sans doute utile à notre société qui a peur. Mais Foi et Eglise sont données quoi qu’il arrive. Dieu n’aime pas à la condition que l’on reçoive. Il donne. C’est sans doute absurde dans notre logique contemporaine… Et pourtant.
C’est là l’Espérance chrétienne, un autre don. Croire que ce n’est pas à la force du poignée que se construit le Royaume, son règne, notre bonheur, mais dans l’acceptation de son amour. Pour autant, recevoir relève de la décision. Il ne s’agit pas de dire que l’homme n’a rien à faire et que Dieu s’occupe de tout. Mais, finalement, à la question posée aujourd’hui Jean répond un peu plus loin dans ce même chapitre 3 : « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique pour que celui qui croit en Lui ait la vie éternelle. » Ce n’est pas dans la pertinence de la Foi et de l’Eglise qu’il faut chercher une Espérance mais dans la confiance qu’elles sont données. Et, en plus, à ceux qui le demandent, en abondance !






