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Dieu, l'Eglise et les femmes (ELISABETH TERRIEN)

Elisabeth TERRIEN
mère de famille, chargée de mission 12-14 ans pour la communauté Fondacio
Dieu, l’Eglise et les Femmes
Dieu créa un homme et une femme : égaux mais différents. Dieu les bénit tous les deux (Genèse 1.28) et leur confia l’univers. A chacun il donna un rôle bien spécifique. D’où l’importance pour chacun d’entre nous de se connaître, et de trouver ainsi sa propre place. Mais qu’a donc fait l’Eglise, c'est-à-dire la communauté des hommes, de cette relation privilégiée que Dieu avait dès le début avec l’homme ET la femme ? Or, les Ecritures montre bien que la femme, tout comme l’homme, a une place privilégiée dans le cœur de Dieu.
Dans l’Ancien Testament, Sarah sera bénie et deviendra la mère d’une multitude de nations : la promesse faite par Dieu à Abraham ne pourra se réaliser qu’à travers elle. Porteuses de vie par la descendance qu’elles donnent à l’homme, les femmes sont également reconnues comme ayant un lien privilégié avec le Créateur : Deborah (Juges 4) guide son peuple mais est également prophète ; Hannah (1 Samuel 1) prie pour un fils et l’offre ensuite à Dieu, Esther est reine et défend son peuple au péril de sa vie… Cette capacité à se donner et à reconnaître le Créateur ne viendrait-elle pas du fait que la femme touche du doigt la mort au moment où elle donne la vie et se voit donc un court instant dans la nécessité de « lâcher prise » et de Lui remettre son destin ?
Les femmes des Ecritures montrent également la nécessité de nourrir nos rapports humains : Ruth et sa belle fille Naomi ont un lien fort qui dépasse les difficultés de la vie quotidienne. Qu’avons-nous fait de ces exemples ?Dans le Nouveau Testament, Dieu nous montre une fois de plus quelle place il donne à la femme : c’est par Marie, une toute jeune fille, qu’il s’incarne pour venir rencontrer l’Homme. Marie ne détourne jamais rien à son profit. Elle n’a de cesse toute sa vie de Lui redire « Que ta volonté soit faite ». C’est ce don total d’elle-même qui lui donne la force de surmonter les plus grandes souffrances. Cette fidélité sans faille à son engagement d’adolescente la mène au pied de la croix. Au-delà de la Passion et de la Résurrection, Marie accomplit sa promesse d’adolescente en participant aux premières communautés chrétiennes. Bien que ne comprenant probablement pas toujours la portée des événements, Marie sait toujours rester fidèle à la confiance que lui a montré le Père.
Jésus s’entoure aussi de femmes discrètes et dévouées : Marie-Madeleine, la Samaritaine, Marthe et Marie… toutes semblent être des personnes qui savent écouter avec le cœur. Elles ne sont pas attachées à leur réussite personnelle. Souvent même elles intercèdent pour les hommes. Elles semblent à l’écoute des besoins de l’humanité (ex : noces de Cana). Leur mission aux côtés des apôtres est différente mais tout aussi essentielle à la compréhension du message. Leur capacité à recevoir et à donner d’elle-même, leur générosité, leur sens du service, le lien naturel qu’elles ont avec les cycles de la Nature et de la Création, leur rapport à la beauté, leur disponibilité, leur tendresse… toutes ces qualités sont reconnues par Jésus. En reconnaissant la femme comme passeur de la foi, des traditions et des valeurs aux jeunes générations, Jean Paul II l’invite à être « témoin des valeurs essentielles qui ne peuvent se percevoir qu’avec le cœur». Mais l’Eglise n’a-t-elle pas enfermée la femme uniquement dans ce rôle ?
Qu’a-t-elle fait de la figure d’apôtre qui habite aussi les femmes ? Marie, femme, mère, apôtre, sera au pied de la croix avec Jean. Le Christ confie Jean à sa mère (Jean 19, 26-27) et c’est en tant que mère ET apôtre que Marie engendrera Jean. Il pourra ainsi s’élancer pleinement dans sa mission d’évangélisateur et de témoin.
En s’adressant à la chrétienne que je suis, la communauté «Fondacio » m’a invitée, petit à petit, à être à la fois Marthe et Marie. Marthe tout d’abord, en étant au service des jeunes de 12-14 ans, de leurs idées, de leur propositions, et répondre à leurs attentes et à leurs questions… Marie ensuite, en me poussant à vivre la foi qui m’habite, à la confronter aux jeunes qui ne croient pas, à en témoigner, à la transmettre, à la nourrir. En me faisant confiance, Fondacio me permet de prendre confiance en moi, de trouver ma place de mère d’adolescents et de responsable au sein de la communauté des hommes, c’est-à-dire de l’Eglise.






