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Mondialisation au service de l'homme ou l'homme au service de la mondialisation ? (LAURENT DE CHERISEY)

Laurent de CHERISEY
Auteur
Mondialisation au service de l'homme ou l'homme au service de la mondialisation ?
A l'échelle individuelle, la mondialisation qui influence le plus nos pensées et comportements est sûrement celle de l'information. Elle nous impose une révolution psychologique inconnue jusque-là. De tout temps, l'être humain a été membre d'une communauté de quelques dizaines centaines ou milliers d'individus : sa tribu, son village, son quartier. À cette échelle, le périmètre d'action individuelle est à taille humaine : le mode d'emploi pour être un "acteur de changement" lorsque surgissait un problème n'était pas si compliqué: discuter avec les membres de sa communauté, rencontrer le chef, s'opposer, initier un changement, participer à une action...
Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, la société de l'information mondialisée nous plonge dans une communauté de... 6 milliards de personnes. Chaque jour, les informations du monde entier surenchérissent dans l'énoncé de problèmes complexes et disproportionnés par rapport à notre capacité d'action individuelle.
L'impact psychologique de cette réalité est alarmant : notre capacité d'action devient inversement proportionnel à la taille de notre communauté humaine... Goutte d'eau dans l'océan, notre action paraît vaine. Le fatalisme et l'angoisse prennent le dessus. Une « culture de mort » s'installe insidieusement.
Jean-Paul II, jeune pape en 1978 rappelle avec force dans sa première encyclique « le Christ rédempteur » que la foi chrétienne est culture de vie. Il fait alors trembler l'église, dépassée par les prémices des enjeux de la mondialisation en énonçant : « partout où la dignité de l'homme est en souffrance, il n'y a pas de fatalité, nous devons chacun nous sentir concernés et ne pas rester passifs ». Appel urgent à être levain dans la pâte de la mondialisation.Partout autour du monde oeuvrent des « pionniers du XXIe siècle ».
Nous en avons rencontrés et filmés quelques uns. Ils refusent la fatalité et témoignent par leurs engagements que chacun a une place unique et irremplaçable pour construire un monde « tel que l'on veut qu'il soit ». Ces visionnaires d'une mondialisation au service de l'homme en attestent par leur audace et l'immense impact de leurs actions, souvent initiées sans moyen et à contre-courant. Ils nous invitent à rompre l'immobilisme en nous engageant à agir dans notre « biotope », dans notre réalité locale, là où nous vivons, là où nous travaillons, là où nous pouvons agir. C'est l'unique mode d'emploi pour sauver le monde et sauver l'homme. Et la société de l'information mondialisée a le pouvoir de témoigner de ces « bonnes pratiques » qui germent quotidiennement tout autour du monde et qui invitent chacun d'entre nous à s'y engager ou à s'en inspirer.La rencontre de la différenceUne autre grande valeur qui a sous-tendu le thème de notre voyage est celle de la rencontre. L'étincelle de la vie ne peut jaillir que lors que l'on "ose" la rencontre de la différence.
C'est une loi fondamentale de la vie qui se vérifie pour l'enfant à naître mais aussi pour la plante qui doit rencontrer son milieu organique pour se nourrir et grandir...Refuser cette rencontre c'est prendre le chemin de l'étiolement et de la mort. Cette loi prend sa pleine mesure à l'époque de la mondialisation. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, nous avons la possibilité par les moyens de communication et de transport d'accéder en un clic Internet ou en une journée d'avion à l'ensemble des citoyens du monde. Jamais nous n'avons eu autant la possibilité de rencontrer la différence. Jamais nous n'avons eu autant l'occasion de nous en nourrir et d'ouvrir ainsi des chemins de partage et de croissance.
Nos enfants ont été fascinés de découvrir combien il était facile de se lier d'amitié avec des Péruviens, des Américains, des Cambodgiens, des Indiens, des Africains, des Chinois ou des sibériens... Rencontrer leurs différences en mettant la fragilité de notre famille entre leurs mains et en venant avec notre caméra et notre crayon pour apprendre "leurs modes d'emploi du XXIe siècle" a écarté de notre route tous les dangers ! Rencontrer la différence ouvre un chemin de vie si l'on désire découvrir les richesses de cette altérité."N'ayez pas peur" !
La société de l'information mondialisée nous offre ainsi ce double chemin pour découvrir des "bonnes pratiques qui germent tout autour de la planète". Autant de "modes d'emplois" nous invitant à mutualiser nos efforts pour bâtir ensemble un monde pour nos enfants !






