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Les femmes chrétiennes doivent-elles être soumises ? (NATHALIE PIOT)

Nathalie Esnault Piot
Consultante - Mère de 2 enfants
Les femmes chrétiennes doivent-elles être soumises ?
Quel est le statut de l’homme et de la femme en terre chrétienne ? Pour quel enjeu sociétal ? Où en est le machisme catholique ? Qu’est-ce qui se joue pour notre monde aujourd’hui dans la relation entre les hommes et les femmes ?Le « devoir de soumission » des femmes : que sa ko ?
Comment les femmes peuvent être méfiantes voire hostiles à l’injonction de soumission, particulièrement dans notre monde occidentalisé « à la pointe » des combats des femmes.
Il y a quelques temps, avant ma conversion j’aurai balayé d’un revers de la main cette assertion.
Comment penser que les femmes doivent se soumettre alors que pendant si longtemps elles ont été opprimées, déclassées et reléguées à des rôles essentiellement dévolus dans la sphère familiale sans considération aucune de leur sort. Et que dire de tant de destins brisés sous le joug de l’homme ? Qu’il soit père ou mari.
Non, les femmes sont libres et elles ne veulent pas se soumettre. Il est même nécessaire qu’elles refusent la soumission pour rester fidèles à leurs valeurs et à leurs rêves. Souvenons-nous des « batailles » de femmes engagées pour se faire respecter et respecter leurs droits qui offert une grande palette de possibilités aux jeunes femmes d’aujourd’hui (accès généralisé aux études supérieures quel que soient les filières, libre choix du métier exercé, soutiens divers de garde d’enfants, accessibilité au temps partiel…) pour n’en citer que quelques-unes. Il n’y a pas si longtemps le mouvement féministe « ni putes ni soumises » porté par les femmes des banlieues relayait le besoin d’être bien traitées, sans violence ni injure. Simplement dans le respect. Et puis avant ma conversion, je me serai contentée des « images du monde » qui reflètent les réussites de ces femmes qui semblent belles et fortes, résolument affranchies, souvent auto déclarées « résilientes » et qui parviennent à se faire une place dans notre société et à imprimer leur voix.
J’aurai bien sûr songé à toutes ces femmes dites « émancipées » qui ont lutté et luttent encore pour le respect de leur dignité et leur aspiration à mener leur destin comme il leur semble bon en dépit du jugement des hommes. Toutes ces femmes qui ont dit « non ».
Il est clair que le titre de cet édito m’aurait déjà fortement agacé. Ce raisonnement « tenait » avant ma conversion…
Ne pas se soumettre est illusoire … à quoi réellement nous nous soumettons ?
Comment les femmes qui se disent être libres ne le sont pas vraiment et surtout pleinement.
Comment les influences qui s’exercent en filigrane dans notre société sur les femmes tendent les relations avec les hommes.
A bien y penser, les femmes en terre chrétienne qui proclament l’insoumission ne la vivent pas vraiment. Il suffit de bien les écouter pour s’en apercevoir. Leurs blessures remontent à la surface et leurs combats internes ne baissent pas leurs armes. Leur liberté reste conditionnelle. Ce constat est d’autant plus douloureux que les injonctions paradoxales que reçoivent les femmes au quotidien ne peuvent que les questionner voire les perturber plus qu’il n’en faut. Pour ne citer que quelques exemples récents :
Il est commun de lire et d’entendre qu’être une femme c’est se reconnaitre avant tout femme dans sa féminité, peu de magazines féminins mettent l’accent sur les vertus féminines que sont la douceur, la tendresse, la pudeur aussi.
Etre une femme c’est donc tout bonnement accepter ce que l’on reçoit dès la naissance et de reconnaitre ces milles et un détail qui s’observent très tôt chez les petites filles comme des pépites de notre identité.
Mais qu’entendent aujourd’hui les femmes dans les tribunes médiatiques ? Qu’elles doivent « jouer de leur féminité » et « cultiver leur atout séduction » pour obtenir ce qu’elles veulent et surtout ne pas se laisser marcher sur les pieds dans un monde d’homme « forcément combatif ». Dernièrement nous avons même appris que les femmes doivent choisir (tout comme les hommes) leur identité sans aucune entrave liée à ce que la nature leur a réservé dès la naissance (confère la théorie du Gender qui serait enseignée à nos têtes blondes et bientôt enseignée à Sciences Po Paris ! ) bref que cette fameuse féminité ne semble finalement pas couler de source.
Il n’est pas étonnant dès lors de constater tant de femmes « en mal de féminité » tant dans l’apparence que dans les comportements, stéréotypant à excès les femmes fatales ou au contraire enclines à verser dans la masculinité. La mode surfant allègrement sur ces versants bien connus. Aussi la question qu’il nous faut poser en tant que femme c’est à quoi nous nous soumettons finalement ? A quels dictats ? A quelles images ? Femme considères-tu que Dieu t’a donné une essence qui n’appartient qu’à toi et au sexe dont tu fais partie, ou à considères-tu tout autre chose dont in fine tu ne ressortiras pas vraisemblablement indemne ?
Nous entendons également qu’être femme c’est « se réaliser » dans sa complétude. A cette évidence que pouvons-nous ajouter ? Mais soulignons que nombre de journalistes, politiques, intellectuels, mettent l’accent principalement sur la réalisation des femmes au travail. Et non seulement cette dimension est mise en valeur constamment dans la presse mais elle est greffée à une exigence de parité, et de parfaite égalité (salaires, congés enfant malade etc…) hommes-femmes au nom de la « lutte contre les discriminations ». Lisez « la lettre de la city » du Monde du 14 septembre 2011 qui reflète bien le ton général. Tout ce raisonnement qui semblerait vertueux suppose que l’homme et la femme sont semblables. Que leurs besoins sont strictement identiques. Pourtant depuis la nuit des temps nous savons bien que les rôles des uns et des autres ont été répartis logiquement (nous ne verserons pas dans l’homme des cavernes… mais tout de même !) Dans le « modèle du monde », la femme doit travailler et réussir et mieux encore monter les plus hautes marches de l’organisation pour renverser une situation jugée « anormale » du si peu de femmes à des hauts postes de pouvoir dont les hommes semblent se lamenter. Alors je pose la question aux femmes, à quoi vous soumettez-vous ? Revendiquez-vous aussi des droits dont vous vous sentez usurpée ? Pour quels combats ? Vous souvenez vous de vos rêves enfants, était-ce la gloire et la réussite qui vous tenaient au ventre ? Ou bien d’autres choses encore qui n’appartiennent qu’à vous ? Enfin nous entendons qu’être femme c’est être « libre ». Les icônes médiatiques soulignent leur « liberté », en déclarant être sans attache, avec ou sans homme voire avec plusieurs hommes différents dans leur vie pratiquant un détachement qui interpelle. Cette fameuse liberté est en fait liée à leur situation amoureuse qu’elle soit seule, mariée ou divorcée. Elle ne porte aucunement sur leur liberté à l’égard de l’argent, de ce qu’elles possèdent, des privilèges et honneurs qu’elles reçoivent ou d’autres dépendances encore quelles qu’elles soient … Il est intéressant de noter que ces icônes mettent en arrière-plan autant que possible leur rôle d’épouse et de mère comme si finalement cette partie-là d’elle-même n’avait pas droit de cité. Femme qu’est-ce pour toi la liberté ? Comment réagis-tu à ce modèle de liberté que l’on te propose ? Est-ce si évident de débarrasser de ses contraintes et dépendances ?
Finalement ces images de femme « libre », « émancipée », « sucess woman », « épouse amoureuse et accomplie », « mère en or » continuent de fasciner les femmes et les rendent bien souvent amères et déçues car en dépit de tous les efforts qu’elles consentent, cet « idéal » semble se dérober sous leurs pieds.
Pire encore ces projections sur les femmes ne parvient pas apaiser la relation homme-femme. Considérons simplement les chiffres du divorce en terre chrétienne. Ils sont « anormalement » élevés pour reprendre la terminologie courante. Il semble même que ces chimères attisent les rancœurs hommes-femmes augmentant le fossé entre les deux sexes. Incompréhension attisée par les caricatures des best-sellers venus d’Outre Atlantique qui font recette en dépit nous donner les recettes ! Le devoir de soumission des femmes chrétiennes à Dieu et à Jésus Christ notre Seigneur
Comment les femmes chrétiennes acceptent librement de se soumettre au Christ pour se réconcilier avec elles-mêmes, avec les hommes, aimer toujours plus et espérer en tout. La femme chrétienne par la grâce de la foi sent bien que toute cette « maitrise de soi » qu’on lui demande d’acquérir est si fragile et surtout si hasardeuse qu’il n’est rien de meilleur que d’accepter de se soumettre à Christ et à ses enseignements pour réussir sa vie, lui donner un sens et embellir la vie des êtres auprès de qui elle vit. Combattre oui mais avec le Christ et pour son Royaume d’amour !
Elle ne se soumet pas par simple devoir (même si en réalité la face de sa vie dépend de sa fidélité au Seigneur) mais par désir d’amour dans sa vie. Qu’elle soit célibataire, mariée, veuve, séparée de son mari , elle s’appuie sur son seul et unique rocher Jésus Christ. A Lui elle peut tout lui confier, par Lui elle reçoit les réponses à ses questions.
La femme chrétienne assume son identité de femme, car elle sait dans son cœur qu’elle est aimée du Créateur pour ce qu’elle est dans son identité et qu’il l’a souhaité ainsi. Nul besoin de revendiquer quoi que ce soit en la matière, si ce n’est le respect de sa dignité, de la vie et de l’amour qui sous-tend tout. La femme Chrétienne se sent à sa place là où elle est, à faire ce qu’elle doit faire selon la volonté de Dieu. Qu’elle élève ses enfants ou travaille et développe des activités. Qu’est-ce qui est bon, juste et sain ? Voilà ce qui l’aide à agir dans la bonne direction sans prêter attention aux bruits du monde.
La femme chrétienne est une gardienne de la vie et des sources d’amour qu’elle recèle en elle. Ses choix ne sont pas forcément dans l’air du temps, elle peut sentir qu’il est bon de rester à la maison élever ses enfants alors qu’elle a une très bonne situation dans l’entreprise, garder son bébé dans son ventre alors que toutes les pressions externes l’exhortent à avorter, refuser de se mouler aux modes éphémères qui avilissent l’image de la femme, décliner une promotion qui lui fait perdre son « rôle de veille dans la maison » , et tant d’autres choses encore… Sa sagesse est parole du Seigneur.
Cette dépendance amoureuse au Christ rejaillit sur sa relation avec l’homme, les hommes et son homme en particulier. La femme Chrétienne n’a pas peur de l’homme, elle n’a pas davantage de rancune envers l’homme. Elle n’a pas à « régler ses comptes », à « prendre une revanche » sur l’homme. Elle sait que Dieu a bien fait les choses pour que homme et femme aient une place unique dans son grand plan d’amour et que leur alliance soit basée sur leur parfaite complémentarité. Grâce à la miséricorde du Christ elle donne et demande des pardons alimentant ainsi l’amour dans la relation.
La femme chrétienne écoute son mari et le respecte. « Femmes soyez soumises à vos maris, comme il convient dans le Seigneur » (Colossiens 3 :18). Elle l’influence également par son caractère « Ayez non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu » (Pierre 3 : 3-4). La femme chrétienne agit pour la conversion de son époux lorsqu’il ne croit pas, par sa douceur, son comportement inébranlable et sa sagesse. Elle espère tout et vit des victoires d’amour.
Le couple chrétien : une dépendance mutuellement partagée au Seigneur Jésus Christ
Comment il n’est pas permis aux Hommes Chrétiens d’être machistes mais bien au contraire protecteurs et gardien du foyer ?
Si les femmes chrétiennes assument pleinement leur identité et féminité, est- ce à dire que les hommes chrétiens également ? Est-ce dès lors possible qu’ils débordent de précautions ou d’emprise sous prétexte de protéger leur femme et leurs enfants ? La réponse ne peut être que négative. D’abord parce que l’homme Chrétien aime sa femme « maris aimez vos femmes comme Christ a aimé l’Eglise et s’est livré lui-même pour elle » Ephésiens 5 :25 et l’amour est écoute, dialogue, douceur, pardons et ajustements permanents pour que les cœurs soient en joie. Ensuite parce que l’homme Chrétien exerce une responsabilité de prendre soin des siens et « principalement de ceux de sa famille, (sinon) il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle » (Timothée 5 : 8). Enfin l’homme Chrétien joue avec l’aide du Christ un rôle de père spirituel au sein de son foyer « les diacres doivent être maris d’une seule femme, et diriger bien leurs enfants et leur propre maison » (Timothée 3 : 12).
L’homme Chrétien cherche à pratiquer une autorité ajustée. Etre chrétien et machiste est simplement incompatible. Le Christ guérit des travers du machisme. Les hommes et femmes chrétiens ont un grand rôle à jouer pour valoriser la belle et mystérieuse harmonie que notre créateur à conçue dans son infinie bonté. C’est une relation de vie et d’abondance qui nous est proposée. Avec le Christ elle est possible.






