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La vie est-elle otage de la morale ? (Dr MARIE LAURE LENINGER )
Dr Marie Laure Leininger
La vie est-elle otage de la morale ?
Pour les plantes : création d’OGM ;
Pour les animaux : il s’agit là de toutes les investigations expérimentales jusqu’au clonage ;
Pour les êtres humains : nous pourrons aborder toute la réflexion qui concerne l’embryon et la PMA (procréation médicalement assistée), les défis de la génétique liés aux maladies prédictives, le diagnostic prénatal, enfin l’expérimentation humaine et la thérapie génique.
Et par exemple lorsque l’on parle d’expérimentation humaine, qu’est-ce qui est en cause ? « Tout d’abord sa nécessité : il faut bien à un moment ou à un autre utiliser pour la 1ere fois une technique ou une molécule et l’administrer à l’homme à condition que soient respectés la liberté et le consentement » (J F Mattei professeur faculté de médecine).
Nous voyons bien vite que de tout cela est née une nécessité : celle d’une bioéthique adaptée aux nouvelles donnes scientifiquesC’est en 1982 que la naissance d’Amandine, premier bébé née après fécondation in vitro, a conduit à la création du comité consultatif national d’éthique pour toutes les questions qui touchent à la vie. Les médecins ont ainsi posé des questions tout en affirmant qu’ils ne pouvaient y répondre seuls. Ensuite, il a fallu légiférer ; pourquoi ?Parce que trois attitudes étaient possibles :
1. ne rien faire, ce qui reviendrait à laisser faire
2. dire qu’il faut arrêter ; or il n’est pas inscrit dans le projet humain de renoncer à la quête de connaissances.
3. la troisième attitude consiste donc à définir les usages que nous faisons de la connaissance c'est-à-dire à légiférer (J.F. Mattei).
Les premières lois de bioéthique ont été édictées en 1994. Les plus récentes datent d’août 2004 (cf. Internet : lois de bioéthique). L’éthique est un questionnement non une science ; elle revient à choisir un comportement dans une nouvelle situation en s’appuyant sur des références morales qui elles ne bougent pas.Le bien et le mal ne changent pas ; « Tu ne tueras point » est toujours d’actualité ; favoriser la vie au détriment de la mort et de la violence "c’est la condition indispensable pour ne pas perdre notre âme" (A. Goldmann Grand Rabbin).
La deuxième question fera proprement l’objet de notre conférence : quelle bioéthique chrétienne ? En effet les lois en général et celles de bioéthique en particulier devraient s’adresser à tous, être les mêmes pour tous, édifiées sur le principe de base à savoir : « choisis la vie ».Pour autant, « l’homme est porteur d’une dimension qui lui échappe ; cette dimension sacrée que l’on appelle âme quand on est croyant, esprit d’intelligence ou raison quand on ne l’est pas. C’est elle qui par sa valeur sacrée fonde notre dignité comme référence commune » (J.F. Mattei).
Peut-on et comment doit-on essayer de définir des règles de bioéthique chrétienne ? En se demandant « qu’est-ce qui est juste ? » il s’agira de faire « le moins mal possible » en gardant une réelle ouverture du cœur et surtout une grande humilité afin que jamais l’homme ne se prenne pour Dieu le Maître de l’impossible.






